Chamagne Bastien
Développeur indépendant à Pau

Marathon de Biarritz 2026

Course

Ce dimanche, c’était le marathon de Biarritz. C’était mon premier objectif de l’année pour me prouver que j’étais capable de retrouver ma forme de 2012 — date de mon premier marathon, celui de Toulouse.

Avant le marathon

Une semaine avant, toutes les météos étaient unanimes : il pleuvrait pour le marathon. Bon, ce sont des choses qui arrivent, on ne contrôle jamais la météo, il faut faire avec. En soi, courir sous la pluie c’est OK quand on est équipé en conséquence. Je prévoyais juste une casquette étanche, pas envie d’avoir un k-way pour 42 km.

Côté nutrition et hydratation, j’avais prévu 2 gels de 150 ml maison faits grâce à cette vidéo de James Hudson, ce qui correspondait à 210 g de glucides concentrés. J’y avais mis un arôme de pandanus. La plupart des gens n’aiment pas, mais moi j’adore depuis mon voyage à Bali. Pour les électrolytes, j’avais pris des petits pots de mayonnaise/ketchup que j’avais remplis de poudre. L’idée était de remplir la gourde avec un pot tous les 10 km environ (il y avait des ravitaillements tous les 5 km).

Pots de poudre d'électrolytes
Gourde à main Salomon

Ce qui m’avait le plus stressé, c’était le transport. Je m’étais fait héberger chez un ami à Villefranque et la veille, pour aller chercher le dossard aux Halles d’Iraty, j’avais mis plus d'1h30. Je m’étais retrouvé coincé par des footeux et j’avais dû faire un détour de 20 bornes. De quoi s’énerver tout seul dans la voiture quand la deadline pour le retrait du dossard approchait. Bref, cet incident m’avait fait revoir mon planning du jour de course pour me réveiller 30 min plus tôt, au cas où.

Le jour J

C’est donc à 4h que je suis sorti du lit, plutôt bien reposé. J’avais réussi à me coucher vers 22h et à bien dormir jusqu’à 3h. La dernière heure n’avait été que de l’excitation, donc j’avais fait les cent pas dans le lit. J’ai déjeuné à 4h : 2 tartines de beurre de cacahuète et une banane. Un coup d’œil sur la météo annonçait qu’on éviterait de justesse la pluie et qu’on pourrait même avoir des éclaircies ! Incroyable, un stress en moins. Je me suis préparé, j’ai mis du tape sur les pieds et les tétons, et c’est à 4h55 que j’ai pris la route. Le GPS ne m’a pas du tout fait prendre la même route que la veille, et c’est en 20 min que je suis arrivé à destination, avec un parking quasiment vide. Quel soulagement, tout un poids qui tombait des épaules. Il ne restait plus qu’à prendre la navette pour me rendre au départ. À partir de là, plus de stress du tout : il suffisait de se laisser porter par la foule et de faire les derniers préparatifs avant de poser le sac — mettre les bonnes chaussettes avec une tonne de crème anti-frottement.

J’ai retrouvé Marion, une amie, sur la ligne de départ, et c’est ensemble que nous avons attaqué ce marathon. On s’était dit qu’on ferait le premier kilomètre ensemble.

Photo avant le départ

Le début de la course a été un peu brouillon comme toujours : beaucoup de monde, on se bousculait un peu, et les coureurs n’avaient pas du tout la même allure. Un point négatif de la course : les meneurs d’allure étaient partis dans un autre sas, du coup on ne pouvait pas s’en servir. Pas dramatique quand on a une Garmin. J’essayais de courir à une allure entre 5:20 et 5:40 au kilomètre, celle qui m’aurait permis de faire un PB. Mais c’était plutôt difficile car le parcours n’était pas du tout plat : 620 m de D+ au total, ce qui compliquait les allures. Au départ, nous nous s’étions laissé un peu entraîner et nous nous retrouvions à aller un peu plus vite que prévu. Ayant compris ça, j’ai décidé de lever le pied.

Côté sensation, je me sentais plutôt bien, juste une douleur à la nuque malgré les dernieres semaines de renforcement. Je me suis rendu compte qu’il faisait lourd, un peu comme avant un orage : humide et chaud. J’ai décidé de doubler mon hydratation et de m’arrêter à tous les ravitaillements, ne serait-ce que pour remplir la gourde à fond à chaque fois.

C’est au kilomètre 11 que j’ai perdu Marion de vue : je m’étais arrêté pour faire mon plein d’électrolytes et, ayant les mains déjà trempées, j’avais utilisé mes dents pour ouvrir le petit pot. Mauvaise idée — le pot s’est brisé et toute la poudre m’a sauté au visage. Génial. En plus d’être en sueur, je collais du visage et des mains.

J’apercevais souvent Marion avec sa casquette rouge pétante quelques centaines de mètres devant moi. Mais j’ai décidé de ne pas essayer de la rattraper : la course était longue et je ne voulais pas brûler mes ailes si tôt.

Je ne me souviens plus trop du début du parcours, peut-être que j’étais trop concentré. Une légèr échauffement avait commencé à l’intérieur du pied droit dès le 17e km, malgré le tape. J’avais l’habitude, donc j’ai mis la douleur de côté. C’est au kilomètre 25 que j’ai commencé à trouver le temps long. La douleur à la nuque était intense et aucun étirements n’y faisait quoi que ce soit. Les mollets devenaient durs. Dans ma tête, je me suis dit que c’était là que commençait vraiment le marathon. En plus, c’est là qu’on prenait la plus grosse montée de l’épreuve. C’était dur et tout le monde commençait à en baver : on serrait les dents et on continuait.

Au kilomètre 32, on a été rejoints par les coureurs du semi. Je reste mitigé sur l’idée de nous réunir. D’un coup, on se retrouvait avec un bus de coureurs qui n’avaient pas la même vitesse que nous et les 10 derniers kilomètres se sont transformés en slalom. Pour ceux qui voulaient faire un chrono, c’était compliqué. Pour ceux qui cherchaient de la motivation, c’était génial : des avenues noires de coureurs soutenus par leurs familles et leurs amis, ça booste clairement le moral.

C’est aussi à partir de là qu’on a commencé à longer la côte : la descente vers la Côte des Basques, le passage devant la Milady, le Rocher de la Vierge, la Grande Plage… Les encouragements sont devenus intenses et on oubliait qu’on était au bout de sa vie.

Au kilomètre 35, j’ai croisé Marion qui m’a annoncé être en plein dans le mur. Je ne me suis pas attardé pour ne pas lui mettre de pression ni de culpabilité — une course, c’est avant tout personnel. Je lui ai souhaité bon courage et suis reparti devant. On est passés devant quelques bandas et le bruit des tambours a eu un effet énorme sur moi. C’est comme si chaque coup augmentait la jauge de résilience.

Plus on se rapprochait de l’arrivée, plus il y avait de coureurs. Chacun n’était plus qu’une goutte d’eau au sein d’une vague en direction de la ligne d’arrivée. J’ai décidé de laisser tomber l’idée d’un sub-4 et de me laisser porter jusqu’à l’arrivée, franchie après 04:01:45 de course.

Mon objectif est atteint : j’ai fait un meilleur temps qu’en 2012 sur un marathon bien plus difficile. Voir les statistiques.

Mon plan de nutrition a été bon car je n’ai pas pris le mur. J’étais dans le dur sur les 10 derniers kilomètres, mais rien d’anormal, et l’ambiance a permis de reléguer les différents signaux de douleur au second plan.

Mon point faible fut donc ma nuque, qui m’a gêné tout du long et à probablement sapé une grande partie de ma résilience.

Marion de son côté a fait 04:09:01 pour son tout premier marathon. Congratz à elle !

Photo après l'arrivée

Photos

ps: On en parle de devoir payer 35€ pour avoir 4 photos convenables ?